La culture du gym : quand prendre soin de soi devient parfois une pression

Il y a quelques années, aller au gym était simplement une activité parmi d’autres. Aujourd’hui, c’est presque devenu une identité complète. Une façon de manger, de penser, de se montrer sur les réseaux sociaux. On parle de « gym lifestyle », de discipline, de performance, de transformation physique, de routines parfaites et d’optimisation constante.

Et honnêtement, je comprends pourquoi autant de gens sont attirés par cet univers.

Bouger son corps fait du bien. S’entraîner peut réellement transformer une vie. Plusieurs personnes retrouvent de l’énergie, une confiance en elles, un sentiment de stabilité ou même une meilleure santé mentale grâce à l’activité physique. Le gym peut devenir un refuge, une façon de reprendre contact avec soi-même après une période difficile, du stress ou un épuisement.

Comme naturopathe, je crois profondément que le mouvement fait partie de notre santé globale. Le corps humain n’a jamais été fait pour rester immobile toute la journée. Le mouvement soutient la circulation, le système nerveux, le sommeil, les hormones, l’humeur et même notre capacité à gérer le stress.

Mais en même temps… je trouve qu’il devient de plus en plus important d’avoir une discussion honnête sur ce que cette culture nous fait vivre collectivement.

Parce qu’à travers tout ce discours de santé, il y a parfois beaucoup de pression, beaucoup de comparaison et une relation au corps qui devient plus souffrante qu’on ose l’admettre.

Quand le gym devient plus qu’un gym

Aujourd’hui, le gym ne se limite plus à l’entraînement.

C’est devenu une esthétique.
Une image.
Une performance sociale.

On voit constamment des vidéos de corps très définis, des routines ultra strictes, des « what I eat in a day », des réveils à 5 h du matin, des entraînements intensifs et des habitudes présentées comme étant la seule façon d’être « discipliné».

Et tranquillement, plusieurs personnes commencent à sentir qu’elles ne font jamais assez.

Pas assez entraînées.
Pas assez motivées.
Pas assez minces.
Pas assez musclées.
Pas assez constantes.

Autant les femmes que les hommes vivent cette pression, mais elle se manifeste souvent différemment.

Chez plusieurs femmes, on retrouve la pression d’être mince, tonique, définie, mais toujours féminine et « naturelle ». Chez plusieurs hommes, il y a cette attente silencieuse d’être fort, massif, performant, musclé, toujours en progression.

Et les réseaux sociaux amplifient énormément cette réalité.

On finit par voir des physiques extrêmes tellement souvent qu’ils deviennent presque la norme dans notre esprit.

Le problème, ce n’est pas le gym

Le problème, ce n’est pas l’entraînement.
Le problème, c’est la relation qu’on développe avec lui.

Il y a une énorme différence entre :

  • bouger parce qu’on aime son corps;
    et

  • s’entraîner constamment parce qu’on ne se sent jamais assez.

Certaines personnes développent une relation très anxieuse avec leur mode de vie. Le repos devient culpabilisant. Un repas plus libre devient stressant. Manquer un entraînement crée de l’angoisse.

Et ça, on en parle beaucoup moins.

Dans certains milieux, l’épuisement est presque valorisé. On applaudit les horaires impossibles, les entraînements malgré la fatigue, les diètes très restrictives et le contrôle constant.

Mais un corps constamment stressé finit toujours par parler.

Comme naturopathe, je vois souvent des personnes qui ont l’air « en santé » extérieurement, mais qui vivent intérieurement :

  • de la fatigue chronique;

  • des troubles digestifs;

  • un sommeil perturbé;

  • des hormones déséquilibrées;

  • une anxiété importante;

  • une obsession alimentaire;

  • une perte de plaisir autour du mouvement.

Et ce n’est pas parce qu’une habitude est populaire qu’elle est nécessairement équilibrée.

Les réseaux sociaux ont changé notre relation au corps

Je pense sincèrement que plusieurs personnes ne réalisent même plus à quel point elles se comparent constamment.

Avant, on se comparait peut-être à quelques personnes autour de nous. Aujourd’hui, on est exposés des centaines de fois par jour à des corps filtrés, retouchés, optimisés, mis en scène sous leur meilleur angle et leur meilleur éclairage.

Même lorsqu’on sait qu’une image n’est pas complètement réelle, ça laisse quand même une trace.

Et ce phénomène touche tout le monde.

Des hommes qui ont l’impression de ne jamais être assez musclés.
Des femmes qui se sentent coupables de ne pas avoir un ventre plat.
Des gens qui n’osent plus manger normalement.
Des personnes qui croient qu’elles doivent constamment transformer leur corps pour avoir de la valeur.

Certaines études et discussions récentes parlent même de plus en plus de bigorexie, cette obsession de devenir toujours plus musclé ou plus « fit ».

Et honnêtement, je trouve ça profondément triste que quelque chose d’aussi beau que le mouvement puisse parfois devenir une source de souffrance intérieure.

Quand le marketing du « santé » devient trompeur

Une autre réalité dont on parle peu dans la culture du gym, c’est toute l’industrie qui gravite autour de cette recherche de performance et du « corps parfait ».

Aujourd’hui, on nous vend constamment des produits supposément santé : boissons protéinées, desserts hyperprotéinés, poudres, barres, collations « faibles en calories », produits sans sucre ou à « 0 g de gras ». Et honnêtement, plusieurs donnent l’impression d’être meilleurs pour la santé simplement parce qu’ils contiennent plus de protéines ou moins de sucre.

Mais lorsqu’on regarde les ingrédients de plus près, la réalité est parfois bien différente.

Plusieurs de ces produits sont ultra transformés, remplis d’édulcorants artificiels, d’additifs, de gommes, d’arômes artificiels, d’huiles transformées ou d’ingrédients très éloignés d’une alimentation naturelle. On finit parfois par consommer un produit extrêmement transformé… simplement parce que le marketing nous a convaincus qu’il était « fitness ».

Et bien sûr, les protéines sont importantes. Elles jouent un rôle essentiel dans la satiété, la récupération musculaire, les hormones et la santé globale. Mais la culture actuelle autour des protéines devient parfois excessive, comme si chaque aliment devait absolument être enrichi, calculé ou optimisé.

Le corps humain n’a pas seulement besoin de chiffres nutritionnels.
Il a aussi besoin de vrais aliments.

Des repas complets.
Des ingrédients simples.
Des aliments qui nourrissent réellement le corps et le système nerveux.

Comme naturopathe, je trouve important de rappeler qu’un aliment ne devient pas automatiquement santé parce qu’il est faible en sucre, faible en calories ou riche en protéines. La santé, ce n’est pas uniquement une question de macros ou de performance physique. C’est aussi la qualité des ingrédients, la digestion, l’équilibre hormonal, l’énergie et la relation que l’on entretient avec l’alimentation au quotidien.

Pourtant, bouger peut être quelque chose de très sain

Je ne pense pas qu’on devrait arrêter de s’entraîner.
Au contraire.

Je pense simplement qu’on gagnerait tous à revenir à une approche plus humaine du bien-être.

Bouger pour se sentir vivant.
Bouger pour avoir de l’énergie.
Bouger pour soutenir sa santé mentale.
Bouger parce que ça fait du bien au corps.
Bouger sans avoir besoin de mériter sa nourriture ou son repos.

Le corps n’a pas besoin d’être constamment corrigé.

Il a aussi besoin de récupération, de douceur, de plaisir et d’écoute.

Certaines journées, on a envie de soulever lourd et de se dépasser.
D’autres journées, le corps demande une marche, du yoga, des étirements ou simplement du calme.

Et les deux ont autant de valeur.

Revenir à soi

Je pense qu’au fond, la vraie question n’est pas :
« Est-ce que le gym est bon ou mauvais? »

La vraie question, c’est plutôt :
Quelle relation est-ce que cette culture nous fait développer avec nous-mêmes?

Parce qu’on peut avoir une routine très saine sans être obsédé par son apparence.
On peut aimer s’entraîner sans se détester les jours de repos.
On peut vouloir prendre soin de son corps sans être constamment en guerre contre lui.

Et peut-être que la vraie santé commence justement là.

Dans un endroit plus calme.
Plus équilibré.
Plus humain.

Un endroit où le mouvement devient une façon d’habiter son corps… plutôt qu’une tentative permanente de le transformer.

Un accompagnement naturopathique tout en douceur

En tant que naturopathe, j’offre un accompagnement personnalisé et bienveillant, axé sur l’écoute, l’éducation et le respect du rythme de chacune. Mon approche vise à soutenir la santé globale à travers des habitudes de vie adaptées, une alimentation consciente, la gestion du stress et l’utilisation réfléchie des ressources naturelles, toujours dans le respect des besoins individuels. 

Cet accompagnement ne cherche pas à « corriger » le corps, mais à l’accompagner dans ses processus naturels, afin de favoriser un mieux-être durable, une meilleure compréhension de soi et une relation plus harmonieuse avec les transitions de la vie hormonale.


Alison Chabot, naturopathe hygionomiste

J’accompagne les personnes avec douceur et bienveillance à travers les différentes étapes de leur vie, en soutenant la santé globale par des habitudes de vie naturelles et personnalisées.

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